Créer une SASU soulève rapidement la question de la comptabilité. Faut-il payer un expert-comptable dès le premier exercice, ou peut-on s’en passer ? Beaucoup de présidents de SASU hésitent entre gérer eux-mêmes leurs comptes et confier ce travail à un cabinet comptable.
Le comptable est-il obligatoire pour une SASU ?
Non, faire appel à un expert-comptable n’est pas une obligation légale pour une SASU. Le président peut tenir lui-même sa comptabilité, du moment qu’il respecte les règles imposées par le droit commercial et fiscal. Cette liberté surprend souvent, car la SASU est perçue comme une structure plus formelle que l’auto-entreprise.
Il existe toutefois des exceptions. Une SASU doit nommer un commissaire aux comptes si elle dépasse deux des trois seuils suivants : 4 millions d’euros de bilan, 8 millions de chiffre d’affaires ou 50 salariés. Dans ce cas, la présence d’un professionnel devient incontournable, même si le commissaire aux comptes n’est pas exactement un expert-comptable chargé de la tenue courante des comptes.
Quelles sont les obligations comptables d’une SASU ?
Même sans expert-comptable diplômé, la SASU reste soumise à des obligations comptables strictes issues du Code de commerce. Ces règles s’appliquent quel que soit le régime d’imposition choisi, à l’IS ou plus rarement à l’IR pour les premières années d’activité.
La tenue comptable régulière et les livres obligatoires
La société doit enregistrer chronologiquement tous les mouvements affectant son patrimoine. Cela suppose de tenir des livres comptables obligatoires : le livre-journal, qui retrace chaque opération au jour le jour, et le grand livre, qui reprend ces écritures classées par compte. Un inventaire annuel des actifs et passifs complète ce dispositif.
Le choix du régime comptable a une incidence directe sur cette organisation. Pour bien comprendre cette distinction, vous pouvez consulter notre guide sur la comptabilité d’engagement ou de trésorerie : la comptabilité d’engagement enregistre les créances et dettes dès leur naissance, indépendamment du paiement effectif, alors que la comptabilité de trésorerie ne comptabilise que les encaissements et décaissements réels. La SASU relevant de l’IS doit obligatoirement fonctionner en comptabilité d’engagement, ce qui exige un suivi plus rigoureux des factures émises et reçues.
L’établissement et le dépôt des comptes annuels
Chaque exercice se clôture par la production de comptes annuels composés du bilan, du compte de résultat et d’une annexe. Le bilan photographie le patrimoine de la société à un instant donné (vous pouvez apprendre à analyser un bilan comptable étape par étape), le compte de résultat détaille les produits et charges de l’exercice, et l’annexe apporte les précisions nécessaires à la compréhension des chiffres.
Ces documents doivent ensuite faire l’objet d’un dépôt des comptes auprès du greffe du tribunal de commerce, dans les délais légaux suivant l’approbation par le président. Cette formalité rend les comptes accessibles publiquement et conditionne la régularité juridique de la société. La SASU doit également conserver ses pièces justificatives, factures et documents fiscaux pendant une durée minimale, la conservation des documents étant elle-même encadrée par la loi.
| Obligation | Détail |
|---|---|
| Livre-journal | Enregistrement chronologique des opérations |
| Grand livre | Classement des écritures par compte |
| Comptes annuels | Bilan, compte de résultat, annexe |
| Dépôt des comptes | Greffe du tribunal de commerce, chaque année |
| Déclaration fiscale | IS ou IR selon l’option choisie, plus TVA et CFE |
Gérer la comptabilité d’une SASU sans expert-comptable : est-ce possible ?

Oui, à condition d’avoir un minimum de rigueur et de temps disponible. Les obligations comptables d’une SASU sont techniques, mais elles restent accessibles à un président motivé, surtout lorsque l’activité génère peu de flux et un chiffre d’affaires modéré.
Faire sa comptabilité soi-même ou utiliser un logiciel
Un logiciel de comptabilité en ligne automatise une grande partie des tâches : rapprochement bancaire, génération des écritures, préparation des déclarations fiscales et suivi de la TVA. Ces outils conviennent bien aux SASU dont l’activité est simple, avec peu de salariés et un volume de factures limité.
La difficulté apparaît surtout au moment de produire les comptes annuels et de gérer certaines subtilités fiscales, comme l’option entre IS et IR ou le traitement de la CFE. Une erreur sur ces points peut coûter cher, d’où l’intérêt de bien s’informer avant de se lancer seul, ou de solliciter ponctuellement un cabinet comptable pour la clôture uniquement.
Pourquoi faire appel à un expert-comptable en SASU ?
Même sans obligation légale, recourir à un expert-comptable apporte une sécurité que peu d’outils automatisés égalent, et il peut être utile de connaître le salaire d’un expert-comptable en Suisse pour comparer les tarifs pratiqués. Le professionnel connaît les subtilités du régime d’imposition, optimise les charges déductibles et anticipe les échéances fiscales, ce qui évite bien des mauvaises surprises au président de SASU.
L’expert-comptable engage également sa responsabilité sur la qualité des comptes produits, un avantage non négligeable en cas de contrôle fiscal ou de recherche de financement bancaire. Beaucoup de banques et d’investisseurs apprécient de voir des comptes annuels validés par un cabinet reconnu, ce qui facilite l’ouverture d’un compte professionnel dédié ou l’obtention d’un crédit.
Le cas particulier du commissaire aux comptes
Contrairement à l’expert-comptable, le commissaire aux comptes intervient pour certifier les comptes, pas pour les tenir. Sa nomination devient obligatoire au-delà des seuils légaux de bilan, de chiffre d’affaires et d’effectif, indépendamment du choix fait pour la comptabilité courante.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?

L’absence de comptabilité régulière ou l’omission du dépôt des comptes expose la SASU à des sanctions comptables et administratives. Le greffe peut adresser une injonction de dépôt, assortie d’une astreinte financière, et l’absence répétée de comptes annuels déposés peut être signalée au tribunal de commerce.
Sur le plan fiscal, une comptabilité défaillante fragilise la société lors d’un contrôle : les déclarations fiscales peuvent être remises en cause, entraînant redressement et pénalités. Dans les cas les plus graves, le président de SASU peut voir sa responsabilité personnelle engagée si la comptabilité irrégulière traduit une faute de gestion caractérisée.